Les professionnels de la filière des plantes aromatiques se sont regroupés au sein de l’AIHP (Association Interprofessionnelle des Herbes de Provence), créée en 2000. Ils décident de mettre en place des actions afin de faire valoir un savoir-faire largement reconnu et d’utiliser la qualité de leurs produits pour se distinguer sur le marché. L’obtention d’un signe de qualité supérieure apparaît comme une solution pour valoriser la production nationale et segmenter le marché. C’est ainsi qu’en 2003, après la rédaction d’un cahier des charges, les herbes de Provence bénéficient de la certification Label Rouge et l'AIHP reçoit le titre d’ODG (Organisme de Défense et de Gestion, structure en charge des démarches et signes officiels de qualité pour une filière).
Présentation générale du Label Rouge
Créé par la loi d'orientation agricole du 5 août 1960, le Label Rouge garantit qu'un produit possède un ensemble de caractéristiques lui conférant un niveau de qualité supérieure par rapport aux produits qui lui sont similaires. Les conditions de production ou de fabrication du produit lui sont particulières, ce sont elles qui confèrent cette qualité supérieure.
Les produits pouvant bénéficier d'un label rouge sont les denrées alimentaires (dont les produits de la mer) et les produits agricoles non alimentaires et non transformés (ex : fleurs).
A toutes les étapes de la production et de l'élaboration, le produit doit répondre à des exigences qui peuvent être précisées dans des notices techniques, réactualisées périodiquement. Des tests organoleptiques doivent obligatoirement être réalisés afin de démontrer la qualité gustative du produit candidat au Label.
Le Label Rouge est une démarche collective, il est obligatoirement porté par une structure fédérative : l'Organisme de Défense et de Gestion (ODG) qui représente et rassemble les opérateurs de la filière du produit. Il est l'interlocuteur de l'INAO.L'ODG qui gère le Label Rouge Herbes de Provence est l'AIHP (Association Interprofessionnelle pour les Herbes de Provence).
L'AIHP est membre de la fédération FedeLIS qui a pour mission d'assurer la défense et la représentation des Labels Rouge, des Indications Géographiques (IGP, et AOC/AOP autres que vins et produits laitiers) et des STG (Spécialités Traditionnelles Garanties) auprès des pouvoirs publics français et européens, de l'INAO et des organisations professionnelles.
FedeLIS a pour vocation de fédérer l'ensemble des ODG (Organisme de Défense et de Gestion) gestionnaires d'un ou plusieurs cahiers des charges Label Rouge, Indication Géographique ou Spécialité Traditionnelle Garantie. Pour plus d'informations : www.labelrouge.fr
Pour pouvoir être commercialisé, un produit sous Label Rouge est soumis à un dispositif de contrôle. Le Label Rouge est régi par un cahier des charges validé par les services de l'INAO.
Les Herbes de Provence Label Rouge
Depuis près de 20 ans, la production de plantes aromatiques sèches se développe de manière significative dans une partie du sud de la France. Les producteurs ont su y développer un savoir-faire connu et reconnu leur permettant d’introduire sur le marché des herbes aromatiques de qualité. Leur reconnaissance par tous les opérateurs de la filière a conduit ceux-ci à se mobiliser en faveur de l’identification d’un produit « Herbes de Provence » de qualité supérieure, qui permet notamment de segmenter ce marché et de valoriser la production nationale. Unanimement, la filière s’est déterminée en faveur d’un signe officiel de qualité. Producteurs, négociants et distributeurs se sont donc fédérés au sein de l'AIHP (Association Interprofessionnelle pour les Herbes de Provence) afin d'envisager un projet commun de développement.Le produit, de dénomination commerciale courante « Herbes de Provence », est un mélange d’herbes aromatiques sèches dont la composition est libre, comprenant en proportions variées certaines ou la totalité des plantes suivantes : thym, romarin, origan, sarriette, marjolaine, sauge, livèche, laurier, persil, estragon…
A ce jour, le marché des « Herbes de Provence » s'inscrit dans le marché beaucoup plus large des mélanges divers, vendus sous d'autres dénominations (« mélange grillade »…). En France, la part de marché du mélange de plantes aromatiques vendu sous la dénomination commerciale "Herbes de Provence" est estimée à 500 T. Sur le plan mondial, le marché se répartit principalement dans les autres pays d’Europe, essentiellement dans les pays du pourtour méditerranéen.
D'un point de vue qualitatif, le mélange " Herbes de Provence" courant, actuellement commercialisé, n'est pas défini quant à sa composition. Les recettes sont très variables : d’un fabricant à un autre mais également dans les proportions utilisées par un même fabricant, dont les choix sont souvent dictés par la conjoncture, les disponibilités et le prix des matières premières, bien plus que par des critères de goût.
Les standards de qualité proposés sont également très variables : bien qu’il existe des normes AFNOR et/ou ISO pour les plantes vendues séparément (appliquées, même dans ce cas, très diversement), elles sont rarement appliquées au mélange courant « Herbes de Provence » de qualité bien souvent encore inférieure à celle des plantes aromatiques vendues individuellement. En effet, les « premières qualités » d’aromates d’importation sont en général réservées à la commercialisation en plantes séparées, et le mélange « Herbes de Provence » n’est, bien fréquemment, qu’un moyen d’écouler les lots de qualités inférieures ou présentant des défauts de coupe, de propreté, voire même un moyen d’utiliser des écarts de triage.
Sur les 500 T de mélange aromatique « Herbes de Provence » commercialisés sur le marché français, seulement 10 T sont d'origine purement française et se démarquent très nettement sur le plan qualitatif. Une part complémentaire mineure de la production de plantes sèches françaises se trouve, quant à elle, utilisée en mélange avec des produits d'importation, qu’elle permet ainsi d’améliorer. Le reste de la production française de plantes aromatiques sèches, qui représente là aussi les qualités supérieures, est vendue en plantes séparées.
Le Produit «Herbes de Provence Label Rouge», tel qu’il est défini dans le cahier des charges, garantit de hautes qualités organoleptiques, une recette et une composition fixes, la traçabilité et la sécurité alimentaire attendues.
Le mélange Herbes de Provence certifié est un mélange de thym, romarin, sarriette, origan et basilic séchés et mélangés dans les proportions suivantes : 19 % de thym, 26 % de romarin, 26 % de sarriette, 26 % d'origan et 3 % de basilic.
Les plantes utilisées sont des plantes cultivées ou issues du ramassage de plantes sauvages. Les exigences du cahier des charges pour ces étapes intègrent les bonnes pratiques agricoles applicables à ces cultures et le respect de l’environnement. Quant au ramassage, il assure une fonction économique mais aussi environnementale en participant à l’entretien des zones de garrigues et de montagne sèche par une gestion efficace des sites de cueillette.
Ces plantes sont ensuite séchées sur des séchoirs, battues par les exploitants agricoles. Les plantes sont ensuite sélectionnées pour n’extraire des récoltes que les lots de plantes disposant des qualités intrinsèques permettant d’obtenir le niveau qualitatif exigé pour le mélange par le cahier des charges.
Elles sont triées puis coupées. Une fois ces étapes passées, les lots de thym, romarin, sarriette, origan et basilic sont constitués essentiellement de leurs constituants aromatiques, c’est-à-dire les feuilles, et exempts d’un maximum d’éléments étrangers, minéraux ou végétaux et de leurs tiges.
Elles sont ensuite mélangées dans les proportions définies ci-dessus. Le mélange est débactérisé à la vapeur afin de s’affranchir du risque de présence de micro-organismes pathogènes.
Après un contrôle final, le mélange est conditionné en vrac ou en unité de vente consommateur.
L’ensemble de ces opérations fait l’objet d’enregistrements permettant d’assurer la traçabilité ascendante et descendante du produit, de la parcelle jusqu’au consommateur.
Chacun des opérateurs s’intégrant dans le schéma de fabrication du produit met en place un système de gestion des risques sanitaires (HACCP) permettant d’assurer au consommateur un produit sain et sans danger.
Dossier de presse : www.herbes-de-provence.org
Commercialisation
Les principaux acteurs de la commercialisation du mélange Herbes de Provence Label Rouge sont :3 groupements de producteurs : la COPAMIVAR, le GEPPAM, France Lavande,
des metteurs en marché : Provence Tradition, JC VIGIN Distribution, DUCROS (société Mac Cormick).
La COPAMIVAR (Coopérative des Plantes Aromatiques, Médicinales et Industrielles du Var) assure près de 2/3 de la production du mélange Herbes de Provence Label Rouge. Elle réalise toutes les opérations de réception, de tri, de coupe et de stockage des plantes destinées à la vente en gros ou demi-gros. La COPAMIVAR assure également depuis 2005, la réalisation du mélange Herbes de Provence Label Rouge. La coopérative est en démarche HACCP depuis 2002.
www.copamivar.com
Le GEPPAM (Groupement d'Etudes et de Production des Plantes Aromatiques et Médicinales) est reconnu en tant que Groupement de Producteurs depuis juin 2004. Fortement ancré au coeur de la Drôme provençale, le GEPPAM s'est impliqué au fil des ans à la fois dans le développement de ses marchés mais aussi dans la recherche et l'expérimentation.
France Lavande, créée en 1984, regroupe des producteurs de la Drôme qui cultivent des plantes destinées au Label Rouge.
www.france-lavande.com
La société Provence Tradition (Avignon), créée en 1987, est la seule entreprise française à proposer une gamme complètes de plantes aromatiques séchées (14 références en traditionnel, 11 références en Agriculture Biologique). Tous les produits proposés sont authentiques avec une origine Provence garantie et une qualité aromatique incomparable.
http://www.provence-tradition.com
La Société JC VIGIN Distribution, située à Bauduen, en plein cœur du Parc Naturel Régional des Gorges du Verdon, propose également, une gamme d’aromates, 100 % Provence : thym, laurier, mini bouquets thym/laurier, fenouil, romarin, sauge, herbes de Provence. Toutes ces plantes font l'objet d'un soin extrême dans le ramassage, séchage, stockage et conditionnement, autant de paramètres essentiels pour la qualité du produit final.
Ducros (filiale de la société Mac Cormick) dont le siège est situé à Avignon, conditionne plusieurs tonnes de mélange Herbes de Provence Label Rouge par an sur son site de Monteux.
http://www.ducros.fr
Faire du Label
Seuls les producteurs habilités par un organisme certificateur peuvent produire des plantes pour le mélange certifié Label Rouge. Dans le cas d’une structure collective, elle aussi doit être habilitée par l’organisme certificateur pour l’ensemble des opérations qu’elle prend e-
Installation de la culture
Dans le souci d'un développement cohérent des productions, par rapport aux besoins du marché concerné, les producteurs devront suivre les plans de développement prévisionnels validés par l'AIHP.
Chaque producteur tient à jour un inventaire des cultures. Cet inventaire est disponible sur l’exploitation et tenu à disposition de l’AIHP et des organismes de contrôle. -
Itinéraires culturaux
Outre le respect des bonnes pratiques agricoles, les producteurs doivent se conformer aux obligations de méthode et de résultat définies dans le cahier des charges pour les étapes les concernant : les parcelles doivent être très bien entretenues afin de limiter la présence de végétaux étrangers dans le mélange, les plantes doivent être récoltées au stade de maturité où la qualité des plantes est optimale, les produits doivent être séchés sur des séchoirs afin de maîtriser au mieux les paramètres de cette opération.
L’AIHP tient à leur disposition les documents qualité et les mises à jour de cette documentation qui leur sont nécessaires.
Les producteurs doivent se doter :
de moyens d’appui technique adaptés à leur niveau de savoir-faire et se rapprocher des instituts techniques et stations expérimentales jugés compétents par l’AIHP,
des matériels nécessaires à la réalisation des différentes opérations qui leur incombent, notamment : matériel de récolte, de battage et de séchage. -
Cueillette
Les productions issues de cueillette sont soumises aux mêmes obligations que les productions issues de culture, hormis pour l’étape culture et pour l’étape de récolte traitée distinctement pour chacune des ces productions.
L'exploitation (ou le groupement ou l'entreprise) réalisant la cueillette doit avoir son propre personnel, elle est responsable de la formation des cueilleurs, du respect des règles d'hygiène, des enregistrements permettant d'assurer la traçabilité des produits.
Les cueilleurs doivent avoir reçu une formation initiale, et bénéficier d'une formation continue sur les pratiques d'hygiène. La formation est assurée par une personne agréée comme formateur à l'hygiène et aux procédures HACCP. Ils doivent se doter d’un appui technique délivré par des personnes compétentes afin d’acquérir les connaissances botaniques qui leur permettront de sélectionner sur les sites de cueillette les plantes permettant d’obtenir après transformation, du produit conforme au cahier des charges.
Les sites de cueillette seront répertoriés et tenus à jour par l'exploitant. Ces sites sont agréés par une personne compétente reconnue comme telle par l'AIHP, afin d’éviter la cueillette aux abords de sources de pollution environnementales.
Les sites doivent faire l’objet d’une visite annuelle avant récolte, à l’issue de laquelle l’agrément est ou non maintenu. -
Tracabilité
La traçabilité des produits et des pratiques est obtenue par une fiche d'enregistrement parcellaire. Pour la cueillette, la traçabilité des produits et des pratiques est obtenue par une fiche de cueillette.
Cette fiche est tenue à disposition de l’AIHP et des personnels chargés des contrôles.
Les lots récoltés doivent être correctement identifiés suivant des règles établies et formalisées par écrit par le producteur. Cette identification doit être reportée sur tous les emballages les constituant.
Le système de traçabilité doit permettre de retrouver les parcelles dont sont issus les lots après battage, la nature et la date des différentes opérations qu’ils ont subies. -
Organisation de producteurs, structures collectives de production
Les groupes ou organisations de producteurs doivent mettre à disposition de leurs adhérents les outils techniques et méthodologiques leur permettant de respecter le cahier des charges. L’OP est l’interlocutrice de l’AIHP. Elle dispose de l’inventaire à jour des cultures de ses adhérents.
L’organisation de producteurs effectue des contrôles internes permettant de vérifier le respect des exigences du cahier des charges par ses adhérents, et notamment le contrôle deux fois par an des parcelles. Elle effectue une qualification de ses producteurs et demande ensuite leur habilitation à l’organisme certificateur.
L’ensemble des contrôles internes, les actions mises en place pour satisfaire les exigences du cahier des charges, l’organisation et les moyens matériels et humains mis en œuvre doivent être décrits dans un document qualité interne qui sera mis à disposition de l’association et de l’organisme certificateur.
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